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( 6 janvier, 2011 )

Ma révolte

 

Ma révolte

Si socialisme était noblesse, j’aurais douze quartiers.

Avec la vie, père, de tes aieux tu m’as donné

L’envie de changer le monde, l’envie de me dépasser,

De vivre dans l’honneur le droit et la fierté…

Ma révolte…

Ma révolte…

Elle est gravée dans ma peau au burin.

Elle est ma foi, mon linceul de Turin,

Ma ligne directrice, pas une vague traînée,

Une scarification, par un tatouage au henné.

Je ne suis pas de ces bandidos que le pognon fait virer

Dont la rebellion meurt dès qu’ils peuvent toucher,

Ni de ces faux anars aux idées arrêtées

Qui oublient leurs principes pour aller consommer…

Chez Auchan ou Carrouf’, tu m’verras pas aller

Engraisser ces haloufs aux mains ensanglantées.

Chez Mc do ou chez Quick, je ne pourrais y aller

Que pour casser la barraque avec José Bové !

Ma révolte…

Je ne suis pas de ces nervis barons du crime free-lance

Qui n’ont pour tout actif que des combines totalement renz’,

Ni de ces racailleux que le capital baise

Qui vireront bourgeois pour une Mercedes-Benz.

J’ai pas b’soin d’casquett’ « nique » comme marque clanique.

En Fubu, rap à fond, t’as trop l’air d’un bouffon !

Même si tes bask’ sont belles tu n’as pas l’air d’un rebelle,

Fabriquées par des enfants, elles empestent le sang !

Mon esprit, tu l’as compris, n’est pas celui de la cité,

Mon slam n’est pas gangsta’rap de MC encagoulé,

Ma bouche ne peut que gerber le mot de communauté.

Si je revendique une race, c’est celle de l’humanité.

Ma révolte…

Grandit tandis que les miens paient l’impôt du sang.

Crèvent, sacrifiés, pour un salaire indécent.

D’autres empochent des mille et des cents, je n’peux apaiser ma haine

Rouge à cent pour cent est ce sang qui s’engouffre sans cesse dans mes veines.

Rouge est ma peau, je bombe le torse,

La main sur le javelot comme Crazy Horse.

Dans l’adversité mon esprit raisonne par le rêve,

Je vis de ma foi dans ma bataille pas de trève.

Saine violence, plus beau don que tu me fis, mon père.

De mon monde de silence, c’est l’unique phylactère.

Elle est dans mon coeur, dans mes os, dans ma peau.

ô révolte, ta légende, me suivra jusqu’au tombeau !

 

Ma révolte…

( 22 décembre, 2010 )

Rocker

 

J’suis métalleux et je l’assume, j’adore le hard qui t’enrhume.

La basse est mon battement de coeur, le riff mon amour, ma rancoeur.

La batt’rie mon influx de vie, j’vis à 200, l’ampli sature.

Et le perfecto est ma peau, il est noir comme le futur.

Dans mes lyrics t’entends la guerre, t’entends la tristesse et la haine

qui exhalent du cimetière où j’enterre les vieilles rengaines.

Dans mes lyrics t’entends les rêves, tu entends le vent qui se lève,

t’entends un’louve solitaire qui t’entraîne dans sa tanière.

La bière coule dans mes veines, comme du métal en fusion,

chauffe mon âme et ma raison, trouble mes sens et ma vision.

Mon esprit se lance dans la bourre comm’ la moto monte dans les tours ;

je n’ai pas peur de te déplaire car je ne joue pas pour mon blair’.

Et je me fiche de l’audience, tant que j’plastique les consciences ;

je veux lancer une révolte, une décharge de 5 000 volts.

Et si ta zik vient de la rue, maintenant tu gagnes du flouze.

Au volant d’une Mercedes, tu as digéré la prison.

Mais moi je n’ai pas oublié que tout vient des champs de coton,

Et que mon rock est né là-bas comme son cousin le blues.

Je fais une musique d’esclave, en moi tu n’verras jamais naître

le chant normé aux accents suaves en deux mots le style des maîtres.

Et c’est libre de tout marquage, c’est libre jusque dans mon âme,

que je fustige tous ces ânes qui vendent des textes sans trame.

Le tempo brise les entraves, le rythme sectionne les fouets,

Et la musique, au coeur du drame, m’aide à chanter la liberté…

( 22 décembre, 2010 )

Viens te battre (un petit texte musclé à cheval entre hip-hop et redskin)

 

VIENS TE BATTRE

 

Toi …

Tu te crois invulnérable avec tes potes innombrables.

Tu fais la loi sur les boulevards en bon maître du tier-quar.

Les gens tournent dès qu’ils t’ont vu, te voilà roi de la rue…

Wesh, mon frère, comme tu fais peur !

Te voilà un gros killer !

Alors sois à la hauteur de ta renommée de tueur !

Lâche ta bande de branleurs, si t’as de la fierté, des valeurs.

Pose tes couilles sur la table…

Pour une fois sois honorable.

VIENS TE BATTRE …

VIENS TE BATTRE …

EN SEUL A SEUL ET A MAINS NUES, VIENS TE FAIRE TAPER DESSUS.

VIENS TE BATTRE ! ! !

Tu…

Te crois au dessus des lois car tu es fier archer du roi.

Armé et assermenté, tu chasses dans les cités,

Surement pas des délinquants, t’aurais peur d’y laisser des dents…

Mais tu rafles des enfants…

Tu les renvoies à Tétouan…

Sans motif tu me contrôles… Vite… Un bâton de guignol…

Rapplique sans badge et sans arme, on évitera un drame.

Improvise-toi boxeur d’un soir et viens un peu là pour voir…

VIENS TE BATTRE …

VIENS TE BATTRE …

T’FAIRE DEFONCER SUR LA PLACE, PRENDRE TA PILE, PERDRE LA FACE.

VIENS TE BATTRE ! ! !

Toi…

Qui te dis race supérieure, qui veux crever tous les beurs…

Tu tapes tout c’qui est différent, à 5 contre 1, ouais, c’est marrant…

Toi, mon bon, à rien tu sers avec tes « SIEG ! » et tes « HITLER ! »

De la France tu es le cancer, regarde… On rapplique à ton concert…

A coups de poings ou à la barre, sans témoin, à la barbare.

Je te laisse le choix des armes, que ce combat ait du charme.

VIENS TE BATTRE …

VIENS TE BATTRE …

INVERSER LA RATONNADE, VIENS EN PRENDRE POUR TON GRADE.

VIENS TE BATTRE ! ! !

Vous…

Trouvez mon texte violent ?

Accuserez-vous mes mots, les accablant de tous les maux ?

Je vous le résume, plus court, plus lent…

Par quelques rimes utilitaires,

Je dis à la lie de la Terre,

Voyou, flic, facho, militaire…

FAITES LA BASTON, PAS LA GUERRE ! ! !

( 22 décembre, 2010 )

Au-delà des questions

Au-delà des questions

Penser… l’éternité…
Langueur immortelle…
Ou gloire ressucitée…
A jamais…

Penser… Ce qu’il y a après…
Froid, vide sidéral,
Ou azur de volupté ?
La vie, fugace étincelle,
S’évanouit, fuit, avec célérité.

Où va la nef du monde ?
Par dela la tombe,
Où va le coeur des hommes ?

Au delà de la première sphère, l’esprit s’envole vers l’infini de la pensée.
Derrière les lignes de nuages repose la vérité
Dans le vide interstellaire, apaisant nos rancoeurs,
Si point de dieu au ciel, cherche donc en ton coeur.

Par cent fois mon esprit,
Pour percer le mystère,
S’est échappé vers les limbes,
Territoires interdits pour la pensée.

Par cent fois sans espoir ni réponse,
Ayant perdu tout sang froid,
J’en suis revenu harassé,
Le corps brisé, le coeur enfiévré,
En proie aux sueurs froides.

Car, au delà de la raison, l’âme s’égare et l’effroi saisit
Celui qui ose errer sur le sentier de la sublime vérité,
Se damne à penser le néant,
Marchant en intrus sur la chaussée des géants.

Au delà de la ligne bleue de la vie dorment les eaux noires de l’Acheron.
La terre, s’étant fendue, se referme-t-elle sur le corps sans vie ?
Ou libère-t-elle les tréfonds de l’âme,
La pureté de l’esprit.

Incapable de répondre,
Je torturais mon âme.
Aurais aimé sonder le trou noir,
Trouver la clé du drame.

Incapable à en perdre la raison,
Je laissai de côté toute foi,
Abandonnai tout horizon,
Comme, reclus en cage, le lion.

Je cherchais la réponse loin au dessus de moi,
Alors qu’elle repose là, au fond de toi.
Je pactisais avec mes démons,
Alors que tes yeux, ta bouche, tes bras étaient ma rédemption.

S’il n’est en moi, le salut est en toi, ma soeur,
Si la vie me fuit, elle rayonne en toi, amie,
Si mon temps est compté en jours,
Si je ne suis immortel,
Tous deux nous le sommes, mon amour.

Si point de dieu au ciel,
le paradis, c’est… les autres…

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