( 4 janvier, 2011 )

Il a osé…

Manuel Vals, en évoquant la prétendue nécessité d’en finir avec les lois Aubry, a osé dire tout haut ce que la majorité de ses petits camarades socialistes (Royal, Strauss-Kahn, Montebourg et j’en passe) pensent tout bas. Lesdits camarades s’emploient à dénoncer le « traitre » , à appeler à l’unité du parti. Que dois-je en penser, moi, petit électeur de gauche ?

Manuel Vals en s’affichant comme un libéral de gauche (si cette notion a un sens, écrivez-moi), opposé aux « rigidités » du code du travail tel qu’il est actuellement en France, a au moins le mérite d’annoncer la couleur. Ses petits camarades, qui se tirent la bourre pour jouer à « qui sera le plus à gauche ? » sont bien plus fourbes. Dans l’opposition, ils affirment être attachés à notre modèle social. En sera-t-il de même quand ils auront eu nos voix ? L’histoire récente nous montre qu’il y a 99% de chances pour que ce ne soit pas le cas. Les élus nationaux et européens du PS (Aubry exceptée, à la rigueur) se sont toujours comportés en libéraux (traité de Maastrich privatisations sous Jospin, soutien massif à la constitution européenne de 2004…). Ainsi, voter pour le PS en 2012, ce sera voter pour un parti d’accompagnement du libéralisme, qui ne s’opposera jamais aux volontés du MEDEF. Que ce soit Royal, Montebourg ou Strauss-Kahn, ce sera même combat avec la droite. Ainsi, pour nous, « petits électeurs » de gauche, une seule solution demeure pour protéger le modèle social de notre pays, que nous aimons tant et qui coûta tant de sacrifices à nos anciens : tournons le dos à ce PS faussement moderniste (le néo-libéralisme, de droite ou de gauche, commence à dater lui aussi) pour construire, autour des forces nouvelles de la gauche radicale, un front uni , résolument à gauche. Nous devons tous nous y mettre, du PG au NPA , sur la base du programme qui était le nôtre lorsque nous avons vaincu le traité européen. Le premier tour de la présidentielle doit se transfomer en la VRAIE primaire à gauche. Usons de notre force d’action puis de notre bulletin dans le combat de la vraie gauche, celle déterminée à renverser les traités internationaux et à changer les règles du jeu, contre la fausse gauche incarnée par le vieux PS tellement en carence d’idées qu’il doit copier sur la droite. Et la droite ? Occupons-nous-en au second tour, chaque chose en son temps.

On présente qui comme candidat unitaire ? Mélenchon, Besancenot, Bové, Autin ? Inutile de me prononcer tant il y a « supériorité technique » évidente de l’un d’entre-eux ! Vous le reconnaîtrez aisément !

 

PS : un très bon article sur dsk, fait par quelqu’un de bien plus calé que moi : http://www.jennar.fr/index.php/qui-est-strauss-kahn/

( 21 juillet, 2008 )

La paix selon Sarkozy

Sarkozy se félicite d’avoir rapproché le Liban et la Syrie qui, comme par magie, se sont mis à reprendre des relations diplomatiques après des décennies de « brouille » voire de guerre. Il fait de ce soi-disant succès une preuve du bien-fondé de son projet d’union pour la méditerranée, prétendant que l’union, si elle doit un jour exister, rapprochera les nations et évitera les guerres.

Les guerres entre états devraient, certes, diminuer dans la mesure où, réconciliés à l’idée de s’unir pour augmenter leurs profits grâce au libre-échange, les puissants de tous les pays méditerranéens éviteront de se chamailler. Mais que faire de la véritable « guerre » que ces messieurs, politiciens, militaires et grands patrons milliardaires, mènent aux peuples dans le but de garantir la possibilité d’exploiter à jamais des masses populaires corvéables à souhait. Car ce sont bien les tenants du grand capital qui sont les responsables de l’oppression, parfois sanglante, des peuples palestinien, syrien, libanais, et même israélien. C’est cette oppression qui engendre terrorisme et guerres civiles, et la paix ne pourra jamais exister dans ce contexte.

Fraternité entre les puissants de ce monde pour garantir une exploitation plus efficace des peuples, voilà la paix selon Sarkozy!

Parce que tous les peuples sont frères, parce que la paix ne peut être sans le respect des droits de l’Homme et l’arrêt de l’exploitation, combattons sur tous les fronts  une union méditerranéenne sur le modèle de l’Union Européenne, faite par les puissants, pour les puissants et contre les peuples.

Avec « Jo » Moustaki, je repense à ce « bel été qui ne craint pas l’automne, en Méditerranée… »

( 21 juillet, 2008 )

Ireland’s call

Rappelle-toi, citoyen, tu avais dit non à l’Europe du fric, des flics et des patrons le 29 mai 2005… Rappelle-toi le lendemain du référendum, lorsque tous les leaders pro-européens parlaient d’arrangement pour « éviter une crise européenne ». Rappelle-toi enfin que le vote démocratique a été totalement nié lorsque le traité de Lisbonne (soi-disant simplifié) a été validé par voie parlementaire.

C’est en effet comme cela que ça se passe aujourd’hui dans les pays de l’Union Européenne. La démocratie passe après les prérogatives économiques et les arrangements entre puissants. Notre voix avait dit non à leur volonté de transformer l’Europe en un marché géant, ils ont tout simplement considéré que le vote d’un peuple souverain ne vaut rien… Ils osent encore parler de démocratie à l’échelle européenne!

Mais nos frères irlandais, grâce, entre autres, à la constitution de leur pays, ont pu rejeter à leur tour le traité de Lisbonne par voie de référendum. Au lendemain de la victoire du peuple d’Erin, les « chefs » de l’Europe libérale, Sarkozy en tête, posent publiquement la nécessité de refaire un vote, alors que le respect de la souveraineté populaire (essentiel en démocratie) imposerait que ce texte soit mis à la poubelle, et ce à l’échelle de l’Europe.

A l’heure où, comme cela a été fait pour les peuples français et néerlandais, les irlandais se voient tout simplement spoliés de leur droit de décider par le vote, il s’agit de se battre, à l’échelle continentale, afin d’une part que le traité constitutionnel européen (avec ses « cadets » simplifiés) soit tout simplement mis « à la poubelle » (car il est rejeté par tous les peuples qui s’expriment à son sujet) et d’autre part que la souveraineté des peuples prime enfin sur les décisions des « scélérats de Bruxelles ».

( 21 juillet, 2008 )

Dans les rues de Nuremberg…

14 Juillet 2008, toute la clique des dictateurs du Proche-Orient, invitée par notre président, est installée en tribune pour voir le défilé du 14 Juillet.

Une petite manifestation se met en place à l’initiative de « Reporters sans frontières », pour protester contre le fait que soient « invités d’honneur » à la fête de la République des tyrans qui, dans leur pays, « cassent du journaliste » (liberté de presse inexistante en Syrie, « loi martiale » appliquée par Israël dans les territoires palestiniens occupés…).

Vous savez tous comme moi que la police a été envoyée pour faire interdire la manifestation, et que des gens ont été interpelés. Interrogé sur France INTER quant aux causes de cette répression, le ministre de la défense, monsieur Hervé Morin, a dit que la fête nationale constitue « un moment de joie républicain et collectif », et qu’il ne faut pas que « le soleil soit caché par un petit nuage à l’horizon ».

Nous savons maintenant clairement ce que pensent les gens qui nous gouvernent: la négation des droits de l’Homme (libertés d’expression et de circulation) au Proche-Orient constitue « un petit nuage à l’horizon ». Et puis, lorsque l’armée défile (devant des dictateurs) pour célébrer la fête nationale, nous devons tous regarder et applaudir sans rien dire, nous avons l’obligation d’être contents et d’exprimer notre joie, car notre gouvernement inspiré nous l’ordonne. Comme cela se faisait jadis, à Nuremberg…

 

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